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 Rando  
Balade de Girolata  Balade de Girolata
  Bon Marcheur Durée : 11h longuer : 32 Km

Départ
N 42,3267° vers E 8,6322° Dénivelé 560m altitude 360m Suivre le cap (ENE) 73° sur 0.106 km Jusqu'au point 1/2 (Alt. : 266 m) Durée : 0h01 Denivelés: + 4 m - 7 m Alt. max. : 269 m Alt. min. : 263 m

Etape 1
A l'intersection, suivre le sentier en direction de Girolata.
Suivre la route (O) sur 2.486 km Jusqu'au point 1/21 (Alt. : 177 m) Durée : 0h44 Denivelés: + 78 m - 240 m Alt. max. : 346 m Alt. min. : 184 m

Etape 2
Etape à Girolata. Profitez des paysages magnifiques en longeant la côte. Vous pouvez déjeuner sur la plage ou au restaurant typique.
Suivre le cap (ONO) 302° sur 0.555 km Jusqu'au point 1/51 (Alt. : 42 m) Durée : 0h09 Denivelés: + 30 m - 4 m Alt. max. : 42 m Alt. min. : 16 m
S'arreter au reservoir Osani (pause 1h

Etape 3
Suivre le sentier magnifique jusquà la Punta di Litterniccia.
Suivre la route (ESE) sur 1.403 km Jusqu'à l'étape 4 (Alt. : 409 m) Durée : 0h39 Denivelés: + 1 m - 329 m Alt. max. : 736 m Alt. min. : 408 m


 Col de Bavella
  Autant commencer ce récit en dévidant un maximum de superlatifs : « Extraordinaire, grandiose, magnifique, incroyable, superbe, géant ! » Une manière d’éviter les répétitions car ce genre de qualificatifs a fleuri dans les propos des marcheurs croisés sur le GR20, le sentier de grande randonnée qui traverse la Corse de part en part. Deux cents kilomètres de longueur et presque dix mille mètres de dénivelé.
  

Pour nous, la balade commence à Notre-Dame-des-Neiges, au col de Bavella. À deux heures de routes sinueuses d’Ajaccio. Ce Notre-Dame-là n’a rien d’une cathédrale, c’est un amoncellement d’ex-voto sur un tas de pierres, dédiés à la montagne par les randonneurs. Sous la pluie et le brouillard qui bouchent le col ce jour-là, l’endroit n’a rien d’exaltant. Il est même plutôt déprimant.

 

Heureusement, Fred Humbert, notre guide accompagnateur de montagne, se fait poète : « Les randonneurs par mauvais temps poussent comme des champignons. »

 

« c’est presque de l’alpinisme »

Au départ du col, les cars sont peu nombreux, ils n’ont pas déversé leur lot quotidien de promeneurs. Peut-être la faute à la météo incertaine. Le matin, la voix monotone du speaker de la radio locale annonçait : « Aujourd’hui, les randonneurs auront du mal à échapper aux orages. »

 

Jean-Claude ne l’a sûrement pas entendu. Mais l’ondée l’a obligé à sortir le sac de pluie pour protéger son barda qu’on devine pesant sous sa mince protection verte. Trois ans plus tôt, ce retraité de soixante-deux ans subissait un triple pontage coronarien. Prudent, il n’a effectué qu’une partie du trajet du GR20. Il a attendu sa soeur Michèle (quarante-quatre ans) à Vizzavone, le col qui sépare la Corse-du-Sud de celle du Nord.

 

Dans le sillage rapide de Fred, nous ne sommes partis que depuis une vingtaine de minutes, Jean-Claude, lui, compte son temps de marche en heures. Alors, il repose avec plaisir ses genoux râpés pendant quelques secondes et souffle : « Je suis content de finir, ma soeur me traîne. Le GR20 n’a rien à voir avec une randonnée classique, c’est presque de l’alpinisme. Mais c’est faisable, la preuve. »

 

Jean-Claude en a presque terminé avec le GR. Son cardiologue va pouvoir respirer : « Il n’était pas très enthousiaste quand je lui ai expliqué mon projet de faire le GR20. Moi, je n’ai pas eu peur, il faut écouter son corps. Attention, je fais deux heures de vélo par jour, je m’entretiens. La différence, c’est qu’à Reims, chez moi, il n’y a pas beaucoup de points culminants. »

 

Déjà Michèle presse le pas et reprend son chemin. On a eu le temps d’apprendre qu’elle est avocate au barreau de Grasse, la capitale de la parfumerie. Du coup, on s’en met plein les narines avec un bouquet de thym, l’erba barona en Corse.

 

une vue « périféérique »

 

On repart, les bas-côtés du sentier sont labourés et retournés par les sangliers. Ici, marcher est facile. Presque une sinécure. « Mais, prévient Fred, sur le GR20, ce genre de sentier roulant ne représente qu’un faible pourcentage du parcours. »

 

L’eau, en revanche, est abondante. Un arrêt à la source s’impose pour refaire le plein. Partout, la vue est « périféérique ». Perdu au loin, il y a Quenza. C’est sur les hauteurs de ce village de moyenne montagne que Nicolas Hulot, le maître à penser en écologie du président de la République, a pris ses quartiers.

 

L’homme de télévision y a trouvé son havre de paix. Car à Paris, la télé rend fou. Récemment, Fred Humbert a reçu un coup de fil d’une grosse société de production française. Un appel intéressé. Le producteur comptait sur lui pour emmener quelques anciens camarades de collège sur des sentiers corses un peu escarpés. La caméra devait ensuite filmer la tension naissante chez des randonneurs peu aguerris. Fred a décliné l’offre : « Ce n’est pas vraiment ma philosophie de la randonnée. »

 

La source laissée dans notre dos, les jambes tricotent maintenant à l’ombre des aiguilles de Bavella. Elles pourraient presque tisser la drôle de toile composée par la cuscute, ce parasite qui entrave les buissons de la montagne corse.

 

Seulement, pour le moment, un seul fil d’Ariane nous intéresse, celui des marques rouge et blanc du GR20, marque déposée de la Fédération française de randonnée pédestre. Parfois, l’oeil du randonneur, égaré le nez dans ses chaussures, les lâche un instant. La sanction est immédiate : « Un rocher s’érode, la marque s’efface et tu en prends facilement pour deux ou trois heures de plus à marcher », explique Fred.

 

Au loin, le tonnerre. Il n’est pas de Brest. Contrairement à Stéphane et Fabrice, la trentaine et la vingtaine. Après neuf jours de périple sur le GR, ils touchent au but. Ils sont heureux : « On a trouvé ce qu’on venait chercher ici, le sport et la convivialité. On n’est jamais seuls, on rencontre plein de gens différents. » Ils sont étonnés aussi. En pleine montagne, la Corse n’abandonne pas les particularismes qui font aussi sa réputation. Stéphane dit : « On a eu quelquefois un peu de mal avec l’humour corse des gardiens de refuge. L’accueil n’est pas toujours souriant. Il faut parfois creuser un peu pour décrocher quatre mots. »

 

des randonneurs parfois « chieurs »

Au refuge d’Asinau, trois heures de marche plus tard, Aimé, le gardien des lieux, est, lui, plutôt du genre prolixe. Ce soir, il n’est pas loin de battre son record de clients accueillis en une seule nuitée : cinquante-deux personnes. Son gîte déborde, il s’en félicite : « En juillet et en août, je n’ai parfois qu’une seule personne chaque soir. À force d’entendre dire que le GR20 est surfréquenté l’été, les touristes ont fini par le déserter. » Autour d’un coca corse, Aimé raconte ses longues journées. Son gîte est ouvert entre le 24 mai et le 25 octobre. Souvent, le temps s’étire lentement. Il s’est donc installé une parabole pour capter la télévision, mais c’est toujours à dos de cheval qu’il approvisionne le gîte. Il rigole : « Quand je descends au village avec mes cinq chevaux, les gens ont parfois l’air de croire que je sors d’un western. »

 

C’est pourtant les lunettes de ses jumelles qu’Aimé préfère. Vingt et une heures, les randonneurs dorment, l’heure est à la contemplation. Dans le viseur des oculaires, quelques mouflons. L’animal vit depuis le Néolithique sur l’île. Il serait issu d’un mouton primitif du Moyen-Orient. À peine un millier s’abritent dans les forêts et les montagnes corses. En apercevoir une poignée suffit largement au bonheur d’Aimé.

 

Pompier volontaire lorsqu’il n’est pas gardien d’Asinau, Aimé (vingt-neuf ans) est durant cinq mois employé du parc naturel régional de Corse. Un sacerdoce pour un salaire à peine plus élevé que le SMIC. Et puis les ran- donneurs sont parfois des « chieurs ». Surtout lorsqu’ils urinent à tout vent. Loin des trois cabinets de toilette du refuge. « Imaginez, dit notre hôte, si les 5 000 personnes que je reçois chaque année se mettent tous à faire n’importe quoi. Parfois, je dois faire la police. » La montagne n’est pas toujours belle.

 

L’ensemble des initiatives sur www.ffrandonnee.fr.

Pour tout renseignement

sur la Fête de la randonnée

en Corse : 04 95 77 18 21

ou 06 82 06 39 16.

Frédéric Sugnot pour humanite.presse.fr




 Col de Bavella
  Autant commencer ce récit en dévidant un maximum de superlatifs : « Extraordinaire, grandiose, magnifique, incroyable, superbe, géant ! » Une manière d’éviter les répétitions car ce genre de qualificatifs a fleuri dans les propos des marcheurs croisés sur le GR20, le sentier de grande randonnée qui traverse la Corse de part en part. Deux cents kilomètres de longueur et presque dix mille mètres de dénivelé.
  Pour nous, la balade commence à Notre-Dame-des-Neiges, au col de Bavella. À deux heures de routes sinueuses d’Ajaccio. Ce Notre-Dame-là n’a rien d’une cathédrale, c’est un amoncellement d’ex-voto sur un tas de pierres, dédiés à la montagne par les randonneurs. Sous la pluie et le brouillard qui bouchent le col ce jour-là, l’endroit n’a rien d’exaltant. Il est même plutôt déprimant. Heureusement, Fred Humbert, notre guide accompagnateur de montagne, se fait poète : « Les randonneurs par mauvais temps poussent comme des champignons. » « c’est presque de l’alpinisme » Au départ du col, les cars sont peu nombreux, ils n’ont pas déversé leur lot quotidien de promeneurs. Peut-être la faute à la météo incertaine. Le matin, la voix monotone du speaker de la radio locale annonçait : « Aujourd’hui, les randonneurs auront du mal à échapper aux orages. » Jean-Claude ne l’a sûrement pas entendu. Mais l’ondée l’a obligé à sortir le sac de pluie pour protéger son barda qu’on devine pesant sous sa mince protection verte. Trois ans plus tôt, ce retraité de soixante-deux ans subissait un triple pontage coronarien. Prudent, il n’a effectué qu’une partie du trajet du GR20. Il a attendu sa soeur Michèle (quarante-quatre ans) à Vizzavone, le col qui sépare la Corse-du-Sud de celle du Nord. Dans le sillage rapide de Fred, nous ne sommes partis que depuis une vingtaine de minutes, Jean-Claude, lui, compte son temps de marche en heures. Alors, il repose avec plaisir ses genoux râpés pendant quelques secondes et souffle : « Je suis content de finir, ma soeur me traîne. Le GR20 n’a rien à voir avec une randonnée classique, c’est presque de l’alpinisme. Mais c’est faisable, la preuve. » Jean-Claude en a presque terminé avec le GR. Son cardiologue va pouvoir respirer : « Il n’était pas très enthousiaste quand je lui ai expliqué mon projet de faire le GR20. Moi, je n’ai pas eu peur, il faut écouter son corps. Attention, je fais deux heures de vélo par jour, je m’entretiens. La différence, c’est qu’à Reims, chez moi, il n’y a pas beaucoup de points culminants. » Déjà Michèle presse le pas et reprend son chemin. On a eu le temps d’apprendre qu’elle est avocate au barreau de Grasse, la capitale de la parfumerie. Du coup, on s’en met plein les narines avec un bouquet de thym, l’erba barona en Corse. une vue « périféérique » On repart, les bas-côtés du sentier sont labourés et retournés par les sangliers. Ici, marcher est facile. Presque une sinécure. « Mais, prévient Fred, sur le GR20, ce genre de sentier roulant ne représente qu’un faible pourcentage du parcours. » L’eau, en revanche, est abondante. Un arrêt à la source s’impose pour refaire le plein. Partout, la vue est « périféérique ». Perdu au loin, il y a Quenza. C’est sur les hauteurs de ce village de moyenne montagne que Nicolas Hulot, le maître à penser en écologie du président de la République, a pris ses quartiers. L’homme de télévision y a trouvé son havre de paix. Car à Paris, la télé rend fou. Récemment, Fred Humbert a reçu un coup de fil d’une grosse société de production française. Un appel intéressé. Le producteur comptait sur lui pour emmener quelques anciens camarades de collège sur des sentiers corses un peu escarpés. La caméra devait ensuite filmer la tension naissante chez des randonneurs peu aguerris. Fred a décliné l’offre : « Ce n’est pas vraiment ma philosophie de la randonnée. » La source laissée dans notre dos, les jambes tricotent maintenant à l’ombre des aiguilles de Bavella. Elles pourraient presque tisser la drôle de toile composée par la cuscute, ce parasite qui entrave les buissons de la montagne corse. Seulement, pour le moment, un seul fil d’Ariane nous intéresse, celui des marques rouge et blanc du GR20, marque déposée de la Fédération française de randonnée pédestre. Parfois, l’oeil du randonneur, égaré le nez dans ses chaussures, les lâche un instant. La sanction est immédiate : « Un rocher s’érode, la marque s’efface et tu en prends facilement pour deux ou trois heures de plus à marcher », explique Fred. Au loin, le tonnerre. Il n’est pas de Brest. Contrairement à Stéphane et Fabrice, la trentaine et la vingtaine. Après neuf jours de périple sur le GR, ils touchent au but. Ils sont heureux : « On a trouvé ce qu’on venait chercher ici, le sport et la convivialité. On n’est jamais seuls, on rencontre plein de gens différents. » Ils sont étonnés aussi. En pleine montagne, la Corse n’abandonne pas les particularismes qui font aussi sa réputation. Stéphane dit : « On a eu quelquefois un peu de mal avec l’humour corse des gardiens de refuge. L’accueil n’est pas toujours souriant. Il faut parfois creuser un peu pour décrocher quatre mots. » des randonneurs parfois « chieurs » Au refuge d’Asinau, trois heures de marche plus tard, Aimé, le gardien des lieux, est, lui, plutôt du genre prolixe. Ce soir, il n’est pas loin de battre son record de clients accueillis en une seule nuitée : cinquante-deux personnes. Son gîte déborde, il s’en félicite : « En juillet et en août, je n’ai parfois qu’une seule personne chaque soir. À force d’entendre dire que le GR20 est surfréquenté l’été, les touristes ont fini par le déserter. » Autour d’un coca corse, Aimé raconte ses longues journées. Son gîte est ouvert entre le 24 mai et le 25 octobre. Souvent, le temps s’étire lentement. Il s’est donc installé une parabole pour capter la télévision, mais c’est toujours à dos de cheval qu’il approvisionne le gîte. Il rigole : « Quand je descends au village avec mes cinq chevaux, les gens ont parfois l’air de croire que je sors d’un western. » C’est pourtant les lunettes de ses jumelles qu’Aimé préfère. Vingt et une heures, les randonneurs dorment, l’heure est à la contemplation. Dans le viseur des oculaires, quelques mouflons. L’animal vit depuis le Néolithique sur l’île. Il serait issu d’un mouton primitif du Moyen-Orient. À peine un millier s’abritent dans les forêts et les montagnes corses. En apercevoir une poignée suffit largement au bonheur d’Aimé. Pompier volontaire lorsqu’il n’est pas gardien d’Asinau, Aimé (vingt-neuf ans) est durant cinq mois employé du parc naturel régional de Corse. Un sacerdoce pour un salaire à peine plus élevé que le SMIC. Et puis les ran- donneurs sont parfois des « chieurs ». Surtout lorsqu’ils urinent à tout vent. Loin des trois cabinets de toilette du refuge. « Imaginez, dit notre hôte, si les 5 000 personnes que je reçois chaque année se mettent tous à faire n’importe quoi. Parfois, je dois faire la police. » La montagne n’est pas toujours belle. L’ensemble des initiatives sur www.ffrandonnee.fr. Pour tout renseignement sur la Fête de la randonnée en Corse : 04 95 77 18 21 ou 06 82 06 39 16. Frédéric Sugnot


  

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